J’ai vu le champ verdoyant du firmament et la faucille de la nouvelle lune,
Je me suis souvenu de ma culture et du temps de la moisson ;
Ne fait pas confiance à l’astre errant de la nuit :
Ce fourbe ravit la tiare au roi Kâvous et la ceinture à Keykhosrow.
J’ai dit : << Tu dors, ô Fortune ! et le soleil s’est levé.
- Ne désespère quand même pas du passé >>, répondit-il.
Si tu vas au ciel aussi pur et solitaire que le Messie,
Cent rayons atteindront le soleil de ta lumière.
Dis au ciel : << N’étale pas ta grandeur, car au marché de l’Amour
ta lune et tes pléiades ne valent que des grains d’orge.
Quoique les boucles d’or et de rubis rehaussent encore ta beauté,
celle-ci est passagère. Ecoute ce conseil !
“Le feu de la fausse dévotion et de l’hypocrisie brûlera la moisson de la foi.” >>
O Hâfez, ôte ce froc de bure et va…
HÂFEZ